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Le ministre de l’agriculture, Julien Denormandie, et la Secrétaire d’État à la Biodiversité, Bérangère Abba, ont présenté aujourd’hui, de 14h00 à 16h30, les propositions du gouvernement dans le cadre de la clôture des Assises de la Forêt et du Bois. Réaction de Canopée.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes : “Les Assises de la Forêt et du Bois marquent une certaine inflexion dans le discours. Pour la première fois, le gouvernement accepte l’idée qu’il faut introduire davantage d’éco-conditions dans les aides publiques, mais refuse d’ouvrir le débat sur les coupes rases et l’enrésinement des forêts, pourtant massivement subventionnés par le plan de relance.”

Pour Bruno Doucet, chargé de campagnes forêts françaises : “Le gouvernement semble, une fois de plus, ne pas avoir pris la mesure de la contestation face aux dérives de certains acteurs, comme les coopératives forestières. Les citoyens, les scientifiques et une partie grandissante de la profession demandent un encadrement des coupes rases. La proposition du gouvernement : faire davantage de pédagogie pour éduquer les bobos. La nôtre : un vrai débat public, contradictoire et des mesures pour mettre fin aux abus.”

Canopée publie aujourd’hui un rapport intitulé “Planté! Le bilan caché du plan de relance, qui révèle que l’argent public du plan de relance a été utilisé massivement pour détruire des forêts en bonne santé et les remplacer par des monocultures de résineux, au profit des grandes coopératives forestières.

Points positifs annoncés lors de la clôture des Assises Nationales de la Forêt :

  • Les aides au renouvellement forestier seront soumises à davantage d’éco-conditions et seront bonifiées. C’est un changement majeur dans le discours, mais cela reste très timide dans la mise en œuvre : plutôt que de prendre ses responsabilités en fixant des critères sur la biodiversité ou la protection des sols, le gouvernement s’en remet exclusivement à des systèmes de certifications privés, contrôlés par la filière ;
  • L’ouverture du Conseil Supérieur de la Forêt et du Bois aux scientifiques et à davantage d’ONG ;
  • Une ouverture sur la nécessité de renforcer les moyens de l’ONF, alors que le gouvernement avait exclu ce sujet du cadrage des Assises ;
  • L’annonce de moyens renforcés pour la recherche sur l’adaptation des forêts aux changements climatiques et la création d’un observatoire national de la forêt et du bois ;
  • L’annonce d’un fond national pour la protection des sols ou pour le maintien d’une trame de vieux bois en forêt, dont la pertinence ne pourra être évaluée qu’en fonction des moyens alloués et de la capacité de ces plans à remettre en cause des pratiques dommageables.

Points négatifs :

  • La question des coupes rases n’a pas été mentionnée une seule fois, alors qu’elle concerne 87% des opérations du plan de relance en forêt privée ;
  • De nouvelles annonces pour développer les usages énergétiques industriels du bois alors que la forêt est sous pression ;
  • Une constance dans l’idée que si les citoyens contestent certaines pratiques sylvicoles, c’est parce qu’ils sont mal informés et donc l’annonce de nouvelles campagnes de communication en partenariat entre la profession et le Ministère de l’Education Nationale.
  • Une mise à l’écart des élus locaux : alors que de nombreux maires ou élus de parcs naturels régionaux demandent à pouvoir mieux encadrer ce qui se passe en forêt privée sur leur territoire (comme c’est le cas pour l’urbanisme), le gouvernement n’a repris aucune des propositions qui avait été faite pour leur donner davantage de pouvoir de contrôle. Une occasion manquée de réguler les conflits et les tensions avec les citoyens.
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