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Les automobilistes européens consomment 100 fois plus d’huile de palme sous forme de carburant que celle contenue dans les 40 millions de cookies Oréo vendus chaque année [1]. Selon le nouveau rapport de l’ONG Transport & Environment (T&E), basé sur l’analyse des données Oilworld qui servent de référence à l’industrie, la consommation d’huile de palme pour la fabrication d’agrocarburant a encore augmenté de 7% en 2019, atteignant 4,5 millions de tonnes.

En comparaison, l’utilisation d’huile de palme dans les produits du quotidien comme les biscuits, les pâtes à tartiner, les glaces, les shampoings ou les détergents continue de diminuer et atteint 2,8 millions de tonnes. 

Cette tendance s’explique par la politique européenne de soutien aux agrocarburants qui, depuis 2009, encourage l’utilisation d’huiles végétales en mélange aux carburants fossiles. Les importations d’huile de palme sont celles qui ont le plus fortement augmentées car c’est l’huile la moins chère au monde. Le problème est que l’extension des plantations de palmiers à huile entraine une déforestation et l’émission de grandes quantités de gaz à effet de serre, notamment en Asie du Sud Est.

En France, l’utilisation d’huile de palme dans les carburants a augmenté de 30 000 tonnes en 2019. Cette hausse s’explique par l’entrée en fonctionnement partiel, et à partir de juin 2019, de la bioraffinerie de La Mède appartenant au groupe Total. En pleine capacité de fonctionnement, cette bioraffinerie aurait besoin d’environ 550 000 tonnes d’huile de palme.

Depuis le 1er janvier 2020, l’incorporation d’huile de palme dans les carburants ne bénéficie plus d’un avantage fiscal mais, avec le soutien du gouvernement, Total refuse de revoir son projet et s’entête. L’entreprise exporte une partie de sa production vers l’Allemagne et a obtenu, dans des conditions opaques, la requalification en « résidu », d’un des principaux produits à base d’huile de palme (les PFAD [5]) qu’elle utilise ce qui lui permet de continuer à bénéficier d’un avantage fiscal. Une requalification qui est contraire aux engagements pris par le gouvernement dans le cadre de la stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée.

Canopée, les Amis de la Terre et d’autres associations environnementales ont saisi le Conseil d’État pour contester cette requalification. Alors que les juges s’étaient engagés à trancher avant l’été, aucune décision n’a pourtant encore été prise.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur de Canopée et porte-parole forêt des Amis de la Terre France : « Le soutien, jusqu’à présent sans faille, du gouvernement à Total sur le dossier de l’huile de palme est un sparadrap indécollable pour Emmanuel Macron en quête de crédibilité sur l’écologie. Nous sommes obligés de poursuivre le gouvernement jusqu’au Conseil d’État pour faire respecter les décisions de sa propre majorité parlementaire ».

Aujourd’hui, une coalition internationale d’ONGs relancent la campagne #NotInMyTank pour mettre fin, partout en Europe, à l’utilisation d’agrocarburants à base d’huile végétale en général, et à ceux à base d’huile de palme et de soja en priorité. La coalition est coordonnée par Transport & Environnement et est composée des ONGs allemandes Deutsche Umwelthilfe et Robin Wood, de l’ONG italienne Legambiente, de l’ONG espagnole Ecologistas en Acción, de l’ONG néérlandaise Milieudefensie et de Canopée.

[1] Chaque biscuit Oréo contient 2,2 grammes de gras. Ce calcul a été réalisé en prenant une hypothèse basse de 1,12 grammes d’huile de palme par cookie. https://eu.mondelezinternational.com/~/media/MondelezCorporate/Uploads/downloads/OREO_Fact_Sheet.pdf

[2] Palm Fatty Acid Distillates

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