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Le moment est historique. Après plusieurs mois de mobilisation de Canopée et de nombreuses associations, le Parlement européen a voté hier une loi interdisant la mise sur le marché de produits responsables de déforestation.

Alors que la consommation européenne de produits agricoles a entraîné une déforestation d’environ 3,5 millions d’hectares entre 2005 et 2017, et que les chiffres des incendies en Amazonie battent de nouveaux records chaque année, le vote de cette loi était très attendu. Hier, les députés européens ont montré leur détermination à prendre des mesures fortes pour endiguer le problème. On vous raconte tout dans la vidéo ci-dessous.

 La version du texte adoptée comprend de nombreuses avancées:

L’inclusion des savanes: la Commission européenne proposait une définition très stricte des forêts. Or le principal impact de la consommation européenne, à travers ses importations de soja, se concentre dans des savanes arborées, qui ne rentraient pas dans cette définition. Les députés ont élargi le champ de la loi à d’autres types de terres boisées. Grâce à cela, des régions comme le Cerrado au Brésil et le Gran Chaco en Argentine seront maintenant protégées.

L’élargissement du champ des produits concernés: la Commission proposait de viser le soja, de l’huile de palme, du bœuf, du cacao, du café et du bois présents. Le Parlement a réussi à y ajouter le caoutchouc et le maïs notamment. Ils ont aussi défendu, face aux lobbies de la mode et de l’automobile,  le maintien du cuir dans la liste des produits dérivés.

La protection des forêts, non seulement de la déforestation, mais aussi de leur dégradation, engendrée par l’exploitation de bois. Malgré l’opposition des pays nordiques, les députés ont réussi à maintenir une définition ambitieuse.

Une traçabilité rigoureuse permettant d’identifier l’origine des produits, jusqu’à la parcelle.

L’exigence d’une même responsabilité pour les institutions financières que pour les autres entreprises. BNP Paribas par exemple finance à hauteur de 5 milliards d’euros des entreprises liées à la déforestation. Cet amendement, adopté in extremis, permettra de mettre fin à ces financements.

Ces bon points sont cependant à prendre avec précaution : le texte voté hier n’est pas la version finale. Il va maintenant s’agir de trouver un compromis entre la position du Conseil de l’Union européenne (bien moins ambitieuse) et celle du Parlement européen. Avec ce vote, les députés ont envoyé un signal fort. Il est maintenant essentiel que le message soit entendu et que la position de compromis conserve les points clés adoptés hier, et en particulier la protection des savanes. 

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