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Le contenu du ‘Green Deal’, voté en 2020 par le Parlement Européen, vient d’être rendu public. L’objectif de cet ensemble de textes est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de l’Union Européenne de 55% d’ici 2030, par rapport au niveau de 1990. Ce projet ambitieux est louable, mais les ONGs européennes alertent : la place prépondérante de la bioénergie, confirmée par la Directive sur les Énergies Renouvelables (RED), menace l’avenir des forêts.

Le Green deal : c’est quoi ?

Le Green Deal Européen, aussi appelé ‘Pacte Vert pour l’Europe’ ou ‘Fit For 55’, prévoit la révision de plusieurs textes européens. Certains textes sont particulièrement intéressants, comme la Stratégie Européenne des Forêts, que Canopée soutient activement.

Cependant, d’autres textes posent problème. C’est le cas de la nouvelle Directive Européenne sur les Énergies Renouvelables (RED II). Ce texte prévoit d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. Le problème : parmi ces énergies renouvelables, la source d’énergie la plus mobilisée demeure la bioénergie.

La bioénergie : c’est quoi ?

La bioénergie, c’est la production d’énergie à partir de biomasse. En clair : brûler du bois ou d’autres matières organiques. Dans le cas de la biomasse forestière, il peut s’agir de déchets de scieries, de restes de bois inexploitables, mais aussi d’arbres entiers ou de grandes quantités de bois mort.

La biomasse peut présenter une alternative intéressante aux autres sources d’énergie dans certains cas. Mais il est très dangereux de la mobiliser en grandes quantités, comme le rappellent 500 scientifiques.

Pourquoi la mobilisation massive de la biomasse pose t-elle problème ?

En résumé, l’utilisation massive de biomasse pose problème pour les raisons suivantes :

  • La bioénergie n’est pas neutre en carbone. Lorsque l’on brûle un arbre pour produire de l’énergie, le CO2 capté par cet arbre au cours de sa vie est rejeté dans l’atmosphère. Si l’on souhaite que ce CO2 soit de nouveau capté, il faut attendre qu’un nouvel arbre pousse, ce qui dure plusieurs dizaines d’années. Cela signifie que l’on émet du CO2 aujourd’hui en espérant le capter de nouveau dans plusieurs dizaines d’années, alors que l’urgence climatique requiert de réduire les nouvelles émissions de CO2 dès maintenant.
  • Lorsque le bois brûlé provient d’arbres morts, un nouveau problème survient. Le bois mort est particulièrement important pour la biodiversité : plus de 25% des espèces présentes en forêt sont « saproxyliques », c’est à dire qu’elles dépendent du bois mort. Il est donc primordial de laisser de grandes quantités de bois mort en forêt.
  • Le bois brûlé peut également provenir de petits bois, tels que les petites branches et les feuilles. C’est pourtant justement dans ces parties des arbres que se trouvent le plus de nutriments nécessaires au sol : là aussi, il est dommageable de les sortir de la forêt pour les brûler.
  • Cette source d’énergie n’est pas particulièrement efficace : pour la même quantité d’énergie produite, la combustion du bois émet davantage de CO2 que le charbon.

Mobilisation des ONGs européennes

Face à cette menace, de nombreuses ONGs se mobilisent.

Le 1er juillet 2021, des militant.es ont alerté sur les dangers de l’utilisation de la biomasse dans plusieurs pays de l’Union Européenne : Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche, Estonie…

Pourtant, malgré une pétition signée par 250 000 personnes, la Directive RED, qui vient d’être publiée, ne permettra pas de réduire la pression sur les forêts.

Pourquoi la Directive sur les Énergies Renouvelables ne permet-elle pas de réduire la pression sur les forêts ?

La Directive européenne sur les Énergies Renouvelables vient d’être révisée. Malgré la mobilisation de 250 000 citoyen.nes europée.nnes via une pétition, la mobilisation des ONGs environnementales et une lettre signée par 500 scientifiques, la directive RED ne suffira pas à réduire la pression sur les forêts.

La Directive européenne sur les Énergies Renouvelables (RED) prévoit :

  • D’interdire les subventions à l’utilisation de bois de grande qualité et à l’utilisation de souches et de racines pour produire de l’énergie. Si l’idée est intéressante, ces types de bois ne représentent cependant qu’une partie infime de la biomasse forestière utilisée à ces fins. Cette nouvelle disposition aura donc peu d’impact.
  • A partir de 2027, les États Membres ne pourront plus subventionner les centrales électriques utilisant de la biomasse, sauf si la centrale se trouve dans une région particulièrement dépendante des énergies fossiles. Malheureusement, cette disposition ne s’applique pas lorsqu’il s’agit d’anciennes centrales à charbon. Or de nombreuses centrales à charbon sont en train de se convertir en centrales à biomasse, comme par exemple la centrale de Poujoulat en France.
  • La Commission Européenne compte étudier la possibilité d’appliquer le principe de la hiérarchie des usages au bois-énergie. Cela signifie que des bois qui pourraient être utilisés en bois d’œuvre par exemple ne pourront plus être brûlés pour produire de l’énergie. Il s’agit d’un pas dans la bonne direction, mais il est important de rappeler qu’actuellement, plus de la moitié du bois récolté est destiné à la production d’énergie.
  • Les critères de durabilité existant dans la RED sont modifiés : la préservation des sols et de la biodiversité sont par exemple mieux pris en compte. Ces critères ne concernent néanmoins que les forêts primaires, qui représentent seulement 3% des forêts de l’Union Européenne.

Les ONGs européennes, qui lancent l’alerte sur ce texte depuis plusieurs mois, ont publié un communiqué de presse commun :

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