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A l’initiative de Mathilde Panot (députée La France Insoumise) et de Gaspard d’Allens (auteur de « Main basse sur nos forêts »), une commission d’enquête sur les forêts, intitulée « Forêts, bien commun » a été lancée. Une commission qui commence à faire bouger les lignes et ouvre (enfin) le débat sur les forêts aux citoyens.

Dès sa préparation, Canopée et de nombreuses autres associations environnementales, les syndicats de l’ONF et des députés de plusieurs groupes politiques ont été invités à exprimer leurs attentes. Un format original dont l’objectif est de faire entendre d’autres voix dans le débat sur les forêts, alerter sur les risques liés à l’intensification de la gestion forestière et promouvoir parallèlement une gestion alternative.

En parallèle, le collectif SOS Forêt dont est membre Canopée s’est investi dans la préparation des Assises de la Forêt du 23 et 24 octobre. Les propositions issues des débats et ateliers seront présentées et remises à cette commission d’enquête parlementaire et citoyenne.

La commission déposera une proposition de loi durant l’année 2020, proposition co-construite avec des citoyens, des associations et experts forestiers.

Les auditions à l’Assemblée nationale ou décentralisées comme à Orléans ou dans le Morvan constitueront le cadre de cette proposition de loi. Vous pouvez retrouver ici l’ensemble des auditions et des visites de terrain.

Notre audition à l’Assemblée nationale

Le 3 octobre, nous avons été reçus à l’Assemblée nationale, avec l’association Fern, pour être auditionnés. L’occasion d’évoquer le développement des projets industriels biomasse et bois-énergie ainsi que les dangers qui en découlent.

Au niveau européen, la directive sur les énergies renouvelables pousse à l’utilisation de « bioénergie » en remplacement des combustibles fossiles. La forêt devient progressivement une « solution miracle » : développement du bois-énergie, concept de neutralité carbone etc.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur de Canopée : « Ce qui se passe aujourd’hui dans les forêts françaises nous inquiète beaucoup en matière de politiques publiques ». Les tentatives de reconversion des centrales à charbon type Gardanne ou Cordemais en mégacentrales à biomasse, l’importation du modèle forestier scandinave avec notamment une conversion de forêts de feuillus en plantations de résineux, multiplication des coupes rases.

La forêt ne peut pas répondre à tous les usages, le GIEC nous alerte sur l’urgence de la situation, plutôt que de laisser vieillir les forêts, on intensifie la gestion forestière et on coupe davantage de bois. Plus de 700 scientifiques ont écrit à la Commission européenne sur le danger de brûler du bois pour l’énergie.

Le gouvernement annonce une mission sur les forêts et le climat

Depuis 2 ans, l’intérêt des citoyens pour le débat forestier est grandissant comme le prouve le succès du livre « La vie secrète des arbres » ou du film « Le temps des forêts ». De septembre à octobre 2018, la « Marche pour les forêts » organisée par les syndicats de l’ONF a réuni des milliers de personnes et s’est conclue par un rassemblement et la publication du « Manifeste de Tronçais ».

Cet intérêt croissant pour la forêt vient bousculer les acteurs établis du débat qui peinent à s’ouvrir à la société. Un besoin de débat d’autant plus urgent que l’impact des changements climatiques sur les forêts est concret… et que les solutions portées par la filière bois pourraient conduire à aggraver encore plus le problème.

Dans ce contexte, le gouvernement a réagi en annonçant, le 8 novembre, à la sortie du Conseil de défense écologique, le lancement d’une mission sur les forêts et le climat. Le gouvernement a fait le choix de confier cette mission à la députée (LREM) Anne-Laure Cattelot qui a pris des positions publiques très claires pour dénoncer les coupes rases dans la forêt de Mormal.

Nous sommes bien conscients des limites d’une telle mission mais nous saluons ce choix car il permet de renouveler les modalités d’un débat qui ne peut plus se résumer qu’à la défense des seuls intérêts de la filière forêt-bois.

Poursuite des audition sur le terrain : direction le Morvan

Samedi 16 Novembre, la commission d’enquête parlementaire et citoyenne, représentée par Mathilde Panot s’est déplacée dans le Morvan, symbole de l’industrialisation des forêts avec conversion de forêts feuillues en plantations de résineux et gestions en coupes rases. Au menu, visite de terrain et audition des acteurs locaux sur les forêts au café associatif « Le Carrouège » à Vauclaix.

Audition de Cyril Gilet du syndicat de l’ONF Snupfen solidaire. La commission a été accueillie au Carrouège par l’association Adret Morvan et SOS forêt
(crédit : Raphaël Bodin – Canopée)
Sylvain Angerand (Canopée) montre la variété des essences présentes sur cette parcelle (crédit : Adret Morvan – SOS Forêt)

Le lendemain, dimanche 17, Canopée a coordonné avec l’aide du collectif SOS Forêt et de 25 associations locales, une action géante qui a réunit 550 personnes pour dénoncer les coupes rases dans le Morvan.

Vidéo de l’action « Stop aux coupes rases » (crédit: Jean-Luc Pillard / Canopée)
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