Alors que Total vient d’annoncer le démarrage de sa bioraffinerie de La Mède, les Amis de la Terre France et Canopée dénoncent l’entêtement du groupe pétrolier alors que, d’ici 6 mois, l’huile de palme devrait être exclue de la liste des biocarburants.

Réaction de Sylvain Angerand, président de Canopée et porte-parole de la fédération des Amis de la Terre France : « Depuis plusieurs mois, Total laisse entendre que le démarrage de la bioraffinerie de la Mède est imminent. Une stratégie de diversion pour faire oublier que, dans 6 mois, le couperet tombera et que ce projet sera condamné économiquement. En coulisse, Total est en train de manœuvrer pour mettre la pression sur les députés et le gouvernement, et essayer de faire changer la loi ».

Le 18 décembre 2018, dans le cadre l’examen du projet de loi de finances (PLF), l’Assemblée Nationale a voté l’exclusion des produits à base d’huile de palme de la liste des « biocarburants » à partir du 1er janvier 2020. Cette exclusion priverait ainsi Total d’un avantage fiscal représentant environ 100 millions d’euros / an.

La perte de cet avantage fiscal aurait dû conduire Total à revoir en profondeur son projet de bioraffinerie de La Mède qui est actuellement basé sur l’importation d’environ 550 000 tonnes de produits à base d’huile de palme mais Total préfère miser sur le lobbying. Lors de l’Assemblée Générale de Total, son PDG Patrick Pouyanné, a exprimé clairement son intention de forcer la main aux députés avec l’appui du gouvernement.

Alors que le gouvernement avait annoncé vouloir mettre fin à l’utilisation d’huile de palme dans les carburants lors de la présentation du Plan Climat en 2017, il a ensuite fait marche arrière et multiplié les manœuvres pour protéger les intérêts de Total.

Dernière tentative en date : lors de l’examen du projet de loi énergie, le gouvernement a tenté de déposer un amendement l’autorisant « à prendre par ordonnance toute mesure relevant du domaine de la loi nécessaire à la refonte des impositions mentionnées au titre X du code des douanes » dans le cadre de l’examen du projet de loi Énergie. Or, c’est précisément dans ce titre du Code des Douanes (article 266 quindecies), que les députés ont réussi à faire voter l’exclusion de l’huile de palme de la liste des biocarburants. A deux reprises, l’amendement du gouvernement a été classé « irrecevable ».

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