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Angers, le 10 septembre 2020. Dans le cadre du Conseil Scientifique et Technique mis en place par les différents ministères, Canopée a coordonné un groupe de travail qui présente aujourd’hui son rapport pour mettre fin aux importations de soja issu de la déforestation. Ce rapport qui a été remis au gouvernement met en évidence que toutes les solutions techniques existent mais nécessitent un renforcement de la volonté politique pour les mettre en œuvre. 

Télécharger le rapport

Les importations de soja sont la première cause de déforestation importée en France. Utilisé pour l’alimentation animale mais également, de plus en plus, comme biocarburant, le soja est importé principalement du Brésil où son expansion est associée à la destruction des écosystèmes et aux gigantesques incendies en cours. 

Une tonne de soja importée du Brésil contribuerait ainsi à l’émission de 0,52 tonne de CO2 soit l’équivalent des émissions annuelles de 400 000 voitures pour l’ensemble de nos importations de soja en provenance de ce pays.

En 2018, le gouvernement français a adopté une Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI) et s’est associé au Conseil Scientifique et Technique pour réfléchir à sa mise en œuvre. En septembre 2019, Canopée a été désigné pour animer un groupe de travail en charge de proposer des solutions techniques permettant de mettre fin aux importations de soja à risque. Ce groupe de travail a réuni plus d’une quarantaine d’acteurs (entreprises, ONGs, chercheurs, représentants des ministères ou d’organisations professionnelles…) et vient de remettre ses conclusions:

  • Des systèmes de surveillance satellitaires fiables permettent d’identifier de façon précise les parcelles déforestées. Ces données sont disponibles et publiées régulièrement par l’Institut National de Recherche Spatiale (INPE) ou d’autres programmes.
  • Les données douanières disponibles permettent de relier directement chaque cargaison de soja en provenance du Brésil à l’installation logistique et à la municipalité d’origine.
  • Le soja issu d’une parcelle déboisée lors des 5 dernières années ne représente qu’environ 1,5% de la production totale mais cette déforestation a de lourdes conséquences environnementales et sociales, notamment dans le Cerrado au Brésil.
  • 273 municipalités au Brésil concentrent 91% des risques de déforestation. 
  • 6 entreprises concentrent 66% du risque de déforestation.

Le mécanisme proposé permet ainsi de mieux identifier les risques en fonction de la municipalité d’origine du soja et de responsabiliser les acteurs tout au long de la chaîne de transformation du soja jusqu’au consommateur final. Pour cela, il est indispensable de renforcer la transparence et l’engagement des acteurs publics et privés ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes pour Canopée et co-auteur de ce rapport: “Le Président de la République et le gouvernement ont pris des positions fortes sur la lutte contre la déforestation importée et notre responsabilité dans le drame qui se joue en Amazonie. Pourtant, les actes tardent. Ce rapport montre que non seulement des solutions existent mais également qu’elles sont soutenues par de nombreux acteurs, y compris privés, qui ont participé à ces travaux”.

Dans le cadre de la Déclaration d’Amsterdam, la France s’est ainsi engagée à mettre fin à ces importations de commodités agricoles liées à la déforestation en 2020. Il ne reste plus que quelques mois avant que cette échéance n’arrive à terme.

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