Restons en contact !

Inscrivez-vous pour recevoir notre newsletter et participer à nos actions.

Paris, le 23 septembre 2019 – Lors de l’Assemblée générale des Nations unies, à New-York, une coalition de pays, portée par la France, vient d’annoncer le lancement d’une alliance pour les forêts tropicales. Décryptage et réaction.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur des campagnes pour Canopée et porte-parole « forêt » des Amis de la Terre France :

Une fois de plus, le gouvernement français crée la diversion avec une nouvelle initiative plutôt que de se concentrer sur les actions immédiates à mettre en oeuvre.

En 2014, la France s’était engagée à mettre fin à la déforestation liée aux biens agricoles qu’elle importe et à réduire de moitié la déforestation d’ici 2020. Cet objectif ne sera pas atteint. Au contraire, la France a autorisé Total à importer des quantités massives d’huile de palme pour alimenter sa raffinerie de La Mède et continue d’importer du soja issu de la destruction des écosystèmes d’Amérique du Sud. 

La stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée peine à être mise en oeuvre car elle repose avant tout sur des engagements volontaires des entreprises. Face à l’urgence, et aux terribles incendies qui ravagent l’Amazonie mais également l’Indonésie, la France doit passer des discours aux actes. Des mécanismes de traçabilité permettent aujourd’hui de garantir avec efficacité l’absence de déforestation dans les chaînes d’approvisionnements des entreprises françaises. Depuis 2017, les grandes entreprises françaises sont soumises à la loi relative au devoir de vigilance mais, en pratique, aucune d’entre elles n’a élaboré des mesures solides permettant de garantir qu’elles ne sont pas complices de la déforestation [2]. Les banques françaises ont une responsabilité particulière car elles soutiennent de nombreuses entreprises du secteur du soja ou de la viande, impliquées dans la déforestation.

Sylvain Angerand conclut :

Il y a quelque chose d’indécent à voir BNP annoncer son soutien à cette initiative de lutte contre la déforestation alors qu’elle soutient, à hauteur de 1 milliard de dollars, une entreprise comme Cargill qui est lourdement impliquée dans la destruction de l’Amazonie et des écosystèmes d’Amérique du Sud. Sans cohérence, cette initiative a toute les chances d’être un nouvel écran de fumée”.

Partager l'article :